Une méthode d’apprentissage du Thaï pour les francophones

Une méthode d’apprentissage du Thaï pour les francophones

Une méthode d’apprentissage du Thaï pour les francophonesใครขายไข่ไก่
Qui vend des œufs de poule ?

Par Bernard Le Du
Poursuivant ma collection peu raisonnable des méthodes de langues, livres de grammaire, logiciels divers et autres flashcards, j’avais acheté en 2012, au consulat honoraire de France à Chiang Mai, une nouvelle édition de ใครขายไข่ไก่ ou Méthode de Thaï pour francophones.
Le titre est un fameux jeu sur les sons et les tons « khrai (—) khaai (⤴) khai (\) gai (\) » , qui signifie en français « Qui vend des œufs de poule ? ». La méthode et ses CD est éditée sous le patronage de l’Alliance Française de Bangkok et coûte assez cher : 1 250 bahts. Elle n’est distribuée qu’en Thaïlande à ma connaissance où elle sert aussi de support aux cours de thaï donnés à l’Alliance de Bangkok.
L’ouvrage est un grand format (du A4, soit 21 x 29,7cm), ce qui n’est pas ce qu’il y a de plus pratique à manipuler. Le papier est assez épais et il y a près de 230 pages, accompagnées de 2 CD. En plus, bonne idée, le livre principal est accompagné d’un fascicule indépendant offrant les corrections de tous les exercices qui sont fort nombreux. On peut le planquer dans un coin, pour résister à y jeter trop souvent un coup d’œil.
La méthode est architecturée autour de 10 leçons seulement mais ce sont des leçons très, très copieuses et denses – certaines courant sur près de 20 pages du livre !
En général, une leçon comprend un dialogue, plutôt moderne, mêlant deux à quatre voix différentes. Les conversations sont longues, donnés en scripts thaïs et en translitération. La traduction en français est offerte, mais à la fin de chaque leçon. Le texte est illustré, et c’est assez plaisant. La longueur des conversations ne doit sans doute pas poser de problème dans le cadre d’un enseignement « scolaire » assisté d’un professeur qui saura organiser la progression. Mais quand on travaille seul dans son coin, il est assez difficile de faire soi-même cet effort de structuration et l’on se retrouve très vite dépassé par la longueur des conversations, et les nombreuses pages d’explications et d’exercices qui suivent…
O trouve en effet, après chaque conversation, une section vocabulaire qui reprend tous les nouveaux mots du dialogue.
Ensuite, on entre dans un ensemble de pages d’exercices de compréhension du texte, d’autres exercices permettant de maitriser des éléments de syntaxe, des exercices d’expression et de communication, des exercices de phonétique et d’écriture. Beaucoup d’exercices !
Il arrive souvent qu’un ou deux autres textes ou dialogues viennent muscler la leçon.
Les deux CD audio sont intimement liés à l’apprentissage, puisque nombre d’exercices ne peuvent être réalisés sans une écoute préalable des fichiers vocaux (.mp3). Si le discours n’est pas artificiellement lent, il n’est pas non plus très rapide, surtout dans les quatre premières leçons. À noter qu’il est évident à l’écoute qu’au moins l’une des voix masculines est celle d’un des deux auteurs, donc celle d’un français.
Chaque exercice présent sur l’un des CD est repéré précisément en hh:mm:ss. On peut donc aller directement à la séquence que l’on souhaite travailler.
L’apprentissage s’avère dynamique et vivant. Mais on retrouve nombre de traits de l’enseignement donné à l’INALCO de Paris, le fameux Institut des Langues et Civilisations Orientales – Langues’O – dont les deux auteurs, Olivier Flament et Jules Germanos, sont eux-mêmes diplômés.
En particulier, la translitération est mieux adaptée aux francophones que d’autres systèmes qu’on trouve dans d’autres supports basés sur la phonétique anglo-saxonne – avec des sons qui n’existent pas en français.
La méthode est clairement exigeante. Bien plus exigeante que la méthode Assimil. On ne tirera quelque chose que si on l’affronte sans détour. En y consacrant tout le temps que l’on peut, au moins deux heures, trois fois par semaine. le mieux étant, à mon avis, deux heures tous les jours. Elle permet d’apprendre simultanément à parler et comprendre ce que l’on entend, à lire et à écrire en thaï.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *